Sarkozy est-il en voie de balladurisation?
Jan | vendredi 13 octobre 2006 | A droite | #86 | rss
La chasse au "sarko" est ouverte. Les chiraquiens ne lui laisseront aucun répit. Nicolas Sarkozy y survivra-t'il?
Jacques Chirac vieillissant, Dominique de Villepin carbonisé par le CPE et la crise des banlieues, il semblait acquis que Nicolas Sarkozy serait le (seul) candidat UMP à la présidentielle.
La peau de l'ours
En affirmant très tôt ses ambitions présidentielles, en jouant les trublions impertinents, en osant affronter ouvertement Jacques Chirac, en critiquant frontalement certaines décisions du gouvernement auquel il appartient, en verrouillant l'UMP, en y imposant le processus de désignation de son candidat à la présidentielle et son calendrier, Nicolas Sarkozy semblait avoir définitivement fait le ménage autour de lui.
C'était sans doute oublier un peu vite que Jacques Chirac a la rancune tenace. Et qu'il n'est jamais aussi percutant que quand on le croit mort. Certes Nicolas Sarkozy reste, et de loin, le préféré des sondages dans son camp. Mais tiendra-t'il la distance?
Contre-attaque en règle
Le premier pion avancé par le camp Chirac s'appelle Michèle Alliot-Marie. MAM se dit prête à se lancer et annonce qu'elle décidera de son éventuelle candidature début 2007.
Pourtant MAM n'est sans doute qu'un ballon d'essai. C'est bien sur Dominique de Villepin, dopé par un inespéré regain de popularité, que Chirac compte pour laminer Sarkozy. Et quand De Villepin s'affirme "attaché au rassemblement", c'est bien "au rassemblement autour de sa candidature" qu'il faut comprendre.
D'autant qu'à force de chasser sur les terres de Le Pen, Sarkozy lui laisse un espace au centre-droit, entre lui et Ségolène Royal. Des ralliements (négociés) de Nicolas Dupont-Aignan et de François Bayrou à une candidature de Villepin restent des scénarios possibles, qui en donnant une image de rassembleur au premier ministre lui procureraient un réel avantage sur Sarkozy.
N'oublions pas non plus que Jacques Chirac réserve sa décision sur sa propre candidature au "premier trimestre 2007", soit au delà du calendrier défini par l'UMP. Nul doute qu'il pourrait décider d'y aller lui-même si les conditions de sa candidaure devenaient favorables.
L'arroseur arrosé
Paradoxalement, celui qui prône la rupture est aujourd'hui dans la position figée du gardien du temple. Nicolas Sarkozy se retrouve contraint à rappeler à l'ordre ceux de ses "amis" qui prenent des libertés avec les règles du jeu définies par l'UMP pour 2007. Du coup les chiraquiens reprennent la main sur le terrain l'impertinence et des effets de surprise.
Le "dynamique" a changé de camp. Sarkozy sera-t'il un deuxième Balladur?
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