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L'élection du Président de la République française
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La "surveillance citoyenne", une fausse bonne idée

La Gauche a-t-elle tiré quelques enseignements de ses défaites ? Voici une interrogation bien légitime pour le peuple de Gauche, pour ces femmes et ces hommes qui, à l'occasion des dernières élections présidentielles et législatives, ont soit boudé les urnes, soit évité de porter leurs suffrages sur le candidat socialiste.

Ce billet est une contribution de Karim Aou, conseiller municipal PS de Villeurbanne. Cette question est d'autant plus d'actualité que les trois candidats à l'investiture socialiste s'illustraient encore il y a peu dans des joutes oratoires fratricides (petite phrase contre petite phrase) n'ayant pour objectif que la prise de pouvoir sur l'appareil politique et sur les adhérents.

A l'heure où la refondation des forces de progrès et de l'écologie est nécessaire, les leaders socialistes semblent préférer les querelles de personnes au débat de fond. Pourtant, l'action du gouvernement Villepin et de le discours de Sarkozy nous montrent chaque jour la nécessité d'opposer un projet politique démocratique et humaniste à la logique libérale et sécuritaire de cette Droite sans complexe qui détient aujourd'hui tous les pouvoirs ?

DSK, Royal, Fabius Les résultats des dernières élections présidentielles et législatives nous amenaient à un constat très clair que certains n'ont apparemment toujours pas intégré : le fossé entre les responsables politiques, y compris de Gauche, et les citoyens devient de plus en plus infranchissable. Nous assistons à un véritable dialogue de sourds entre la virtualité du discours politique de "bien-pensants voulant bien faire" et les aspirations très rationnelles de "citoyens concrètement vivants, enfermés dans une réalité quotidienne souvent difficile". La situation entre ces deux mondes semble inextricable, tant la part médiatiquement visible du personnel politique s'est progressivement discrédité auprès de la population, en tentant de se muer en groupe de sociologues avertis et parfois même en technocrates comprenant mieux la vie des gens qu'ils ne pourraient le faire eux-mêmes.

De leur côté, bon nombre de français ont, par la grève du vote et pour de multiples raisons, abandonné consciemment leur statut de citoyens pour se contenter de la condition individualiste de consommateurs. D'autres se sont réfugiés dans le vote sanction exprimant ainsi un ultime appel en direction de la classe politique traditionnelle incapable de parvenir ni à représenter, ni même à prendre en compte des catégories entières de notre société. Ces phénomènes établis et analysés, il nous faut demeurer conscients que la seule issue à ce véritable conflit d'intérêts qui se développe, reste la quête de sens en terme de perspectives politiques partagées.

La " surveillance populaire " proposée par Ségolène Royal suppose que le comportement général des élus ne serait pas exempt de reproches, ce qui est faire peu de cas de l'abnégation de la plupart de celles et ceux qui ont fait le choix de s'investir dans la vie publique pour servir nos concitoyens. Il faut admettre qu'il serait délicat de mettre concrètement en oeuvre un concept de démocratie directe, même si un peu plus de transparence et d'informations de la part des élus du peuple serait parfois salutaire.

La proposition de " jurys citoyens " de la présidente de la région Poitou-Charentes, une fausse bonne idée à mon sens, nous permet tout de même de nous interroger sur l'équilibre à trouver entre démocratie représentative et démocratie participative et sur les passerelles à dresser entre ces deux espaces citoyens. Dans ce dessein, je suis persuadé que l'action de l'élu doit suivre cinq étapes fondamentales : écouter les préoccupations de chacun, tenter de comprendre les problèmes qui agitent la Cité, proposer un projet ouvert dans le cadre de la communauté de destins qu'est la République, agir dans le sens de l'intérêt général tout en associant, autant que faire se peut, les citoyens au réalisations (de la définition des projets à leur évaluation finale en passant par un suivi régulier), et soumettre systématiquement à la population un bilan exhaustif au terme de son mandat.

Karim Aou
Conseiller municipal socialiste de Villeurbanne

Commentaires

Bonjour Monsieur,
Je crois qu'il est temps que ceux et celles qui comme vous le dites sont dans "l'abnégation" de leur mandat cherchent le moyen d'être davantage à la portée du citoyen."Soumettre en fin de mandat" même de manière exhaustive et complète ne permet pas de lutter contre cette impression d'avoir des responsables politiques venant chercher le moyen de continuer leur petit bout de chemin. Je parle là d'impression et non de certitude, il ne faut pas penser que tous les élus sont à incriminer. Nous traversons une période collective où ceux et celles qui sont amené(e)s à assumer un mandat représentatif doivent communiquer et continuer à solliciter les habitants de leurs secteurs et les impliquer dans les débats en cours sur la gestion de "la chose publique". Vous avez certainement remarqué que la réactivité est le maître-mot de ces temps-ci. Même si (sans se faire d'illusions) la population peut ne pas répondre en masse aux invitations citoyennes. Ce sont les contraintes actuelles du "vivre ensemble" les questions collectives, la représentation ne prédispose pas forcément à l'expertise sur les questions abordées et pour des responsables politiques, se murer dans leur bulle pour trouver tous seuls des solutions est assez souvent mal vécu parceque les expériences ne sont pas toujours positives. La démocratie participative dont cette idée semble issue est une nouvelle manière de vivre le fait politique et nos responsables feraient bien d'en tenir compte plutot que de se murer dans des instances et des "manières de faire" trop rigides ou devenues avec le temps un peu trop lointaines. Par ailleurs, ne vaut-il pas mieux essayer d'améliorer l'idée avancée par SEGOLENE ROYAL plutôt que s'accrocher au mot pour mieux la contrer? Tous les concepts politiques ont toujours été améliorés avec le temps et la contribution de tous. Actuellement tout se passe au parti socialiste (je ne parle pas de vous qui refléchissez à la question dans votre message) comme si à chaque idée évoquée il faudrait ne plus ajouter ni retrancher une virgule, remettez un peu de grandeur dans le débat et le combat politique ( si je puis me permettre !!! ) accueillez l'idée examinez -la et puis voyez dans quelle mesure en faire un nouvel outil. Personne ne peut dire à priori que c'est une fausse piste de reflexion !!!une chose est sûre, c'est que la population vous observe et vous écoute. Au cas ou certains ne l'auraient pas encore compris, il en restera quelque chose en bien ou en mal pour le parti socialiste tout entier. Il arrive, sans que l'on s'y attende que certains destins collectifs se décident sur des questions apparamment anodines.

Je suis nouvel adhérent, ni strausskahnien ni fabiusien, et j'étais au Zénith jeudi soir. Le discours de Ségolène m'a profondément déçu, sur la forme comme sur le fond. Elle ne méritait pas d'être sifflée, mais elle ne mérite sûrement pas d'être désignée : la machine à perdre, c'est elle !
Pour vous en faire une idée, écoutez son discours et comparez-le à ceux de DSK et Fabius, vous comprendrez pourquoi son équipe de communication a fait interdire les micros et les journalistes : www.dailymotion.com/Razzy...

Bonjour LUDO,

Merci d'avoir donné cette adresse pour pouvoir écouter les différents discours.
Mais Mais Mais, j'ai eu moi l'impression que Ségolène est tombée dans un traquenard, il suffit d'écouter ce qui se disait par les voix juste à coté de l'appareil d'enregistrement. Globalement et à priori des commentaires négatifs. Oui on se fait une opinion et malheureusement elle n'est pas très positive. Les commentaires "à priori" très désobligeants et très négatifs ne réhaussent pas la pseudo objectivité de la salle.
Ceci dit sur la simple qualité de tribun en campagne DSK et Fabius sont au-dessus de SEGOLENE. Mais cela ne suffit pas.Lorsqu'on écoute les discours et que l'on se projette plus loin sur les orientations données, j'ai bien l'impression que DSK et FABIUS ne changerons rien voire pas grand chose. Ils sont trop sûrs d'eux et semblent trop bien "connaître" leur sujet pour chercher des solutions. Ces messieurs connaissent tout et ne ferons que nous appliquer leurs fameuses solutions toutes faites en un mot "parfaites". Je préfère que l'on me demande au fur et à mesure des problèmes de dire mon mot et cela il n'y a que la démocratie participative veritable qui la permettra.....enfin voilà, de toute manière nous verrons bien. Mais je me méfie beaucoup des tribuns de meeting dont la volonté politique a été mise en oeuvre avec les résultats que l'on sait !!!!!

Lundi j'ai regarder le documentaire sur chirac et je dois avouer qu'il était très convainquant. Et bien là c'est pareil. Le problème c'est pas de savoir si ce qu'il dise est vrai, en effet sur la fracture sociale Chirac ne s'était pas trompé, sur l'augmentation du smic Fabius a raison, ou les traveau humanitaires de Ségolène je dis pourqoi pas et les jury populaire pour les délinquants mineurs multi-réssidiviste de Sarkozy, encore une bonne idée. Non le problème c'est vont t-il appliquer ce qu'il promette ou vont t-il s'asseoir sur le siège en or et attendre 5 ans.

On peut quand même reconnaître aux 3 quandidat d'avoir retenue quelque lecon de 2002, par exemple il ne sont pus près a faire une régularisation massive, ils ont enfin reconnu que la police fesait du bon travail et Fabius a tirer les enseignement du gouvernement Jospin en matière de privatisation.

Pour finir Strauss Khan et Fabius ont pris de la distance vis à vis de l'Europe actuel et ultra-libéral ce qui est plutot positif.

Ludo: "vous comprendrez pourquoi son [Sargolène] équipe de communication a fait interdire les micros et les journalistes"

Affreux Jojo que je suis, je me suis aussitôt précipité sur le site donné par Ludo (un grand merci en passant). Je n'avais jamais entendu parler Ségolène auparavant (je ne vis pas en France, même pas en Europe). Les bras m'en sont tombés: moucher une petite jeunette quimperloise, elle sait faire, mais faire face à une salle hostile, non. Elle n'a su que continuer à débiter son "par coeur," même couverte par les lazzis, comme si de rien n'était, au lieu d'essayer de contrôler la situation. Elle m'a fait penser à un ou deux profs de mes années de bahut (c'est loin tout ça!) qui, incapables de nous intéresser à ce qu'ils étaient censés enseigner, persistaient à ânonner leurs cours eux aussi comme si de rien n'était, résignés à supporter le chahut qu'on leur faisait. Pas étonnant qu'elle ait interdit micros et journalistes! Et elle prône la "surveillance citoyenne"? Surveillance citoyenne pour les autres, pas pour elle. Et voilà pourquoi les bras me sont tombés et que je suis perplexe: comment est-elle donc arrivée là où elle est?

Bonjour à tous...
Au sujet des bras qui tombent et autres déceptions à propos de la qualité de la prestation de SEGOLENE. Ce n'est pas chose facile de maitriser une salle hostile...Je puis vous l'assurer et puis si on manifeste un peu d'autorité il n'est pas dit que cela s'arrête...ou alors il vaut mieux s'en aller. Là peut-être tout le monde serait revenu à de plus raisonnables dispositions.
Mais souvenez-vous d'un débat de FABIUS alors jeune premier ministre avec CHIRAC qui l'avait traité de "roquet"...FABIUS s'était bien ramassé ce jour là ("il vaut mieux rester soi-même" disait-il le lendemain !!!) . Il a apprit à se maitriser et à maîtriser l'adversité dans les debats publics. Il en va ainsi des apprentissages politiques. On prend des coups et on s'agguerit. Avec son caractère SEGOLENE va apprendre et je suis sûr qu'il ne fera pas bon du tout de tomber sur elle en debat publique un de ces jours

Bonjour à tous,

Je partage l'avis de ARES. Fabius et DSK se prennent pour des savants. Des gens qui savent tout. Si par malheur ont leur fait confiance, ils viendront nous dire ce qu'ils nous disent aujourd'hui pour nous séduire lorsqu'on les interpelle sur leurs passés politique : oui j'ai commis des erreurs, mais je ne recommencerai plus. Cela fait plus de trente ans qu'on voit ces mêmes hommes politiques ne pas faire de la politique, mais faire des carrières politiques. Résultats, dettes, par ci, chômage par là. Et en prime, les mêmes, à l'approche des élections, ont toujours des solutions nouvelles à nous proposer pour gommer leurs propres erreurs du passé. On se laisse berner parce qu'ils sont bon orateur, où qu'ils ont de bons conseillers en communication. Vous souvenez vous du vrai visage de DSK lorsque dans l'émission de Laurence FERRARI, sur canal, il obéissait comme un toutou à son conseiller en communication, intrumentalisant son propre enfant pour nous faire croire des choses ? Pour moi, outre son passé politique, ce comportement hypocrite est déjà disqualifiant. On ne nous respect pas. On nous dit ce qu'on veut entendre. Pour ces gens, seul compte le pouvoir. Il est temps de leur donner une bonne retraite. Pour ma part, je suis pour Ségolène. Je sais qu'elle a ses limites et elle ne s'en cache pas. Mais au moins elle a compris que les français ne veulent plus suivre un "Messie" comme des moutons. Celui qui sait tout qui a toujours raison, qui ne se trompe jamais. Au contraire, Ségolène veut entendre des experts certes, mais aussi les citoyens qui connaissent mieux que quiconque leurs propres réalités. Elle dit que ces infos seront pour elle des indications. Après comme toute autorité, elle décide. Après tout si la politique avait toujours fonctionné comme cela il y aurait plus de gens heureux, moins de grèves ect. Quant on réfléchi bien on se rend compte que dans le domaines commerciale, les produits qui ont le plus de succès sont ceux qui sont conçus en tenant compte de l'avis des consommateurs, et c'est la moindre des choses. Je pense qu'en politique, une décision peut être prise aussi bien dans l'intérêt du pays que de ceux qui la subiront. Encore faut il qu'il y aient pris une part de responsabilité. Je crois donc à fond à la démoncratie participative de Ségolène. Bien à vous

Si la cour des comptes était un organe doté de pouvoir exécutif, des S.ROYAL ne débiterait pas des idées comme celles-ci : sur le fond très juste et sur la forme un peu simpliste. Tant que les politiciens ne seront pas sanctionnés dans les affaires, les erreurs de gouvernance (sang contaminé, Tchernobyl et son nuage inoffensif.....), ces derniers continuront dans leur médiocrité.

Ségolène Royal n'a fait que de proposer un machin de plus, comme le sont les pseudos-observatoires et commissions de réflexions qui s'étalent dans tous les gouvernements et partis politiques.
Ce machin style 1789 à 92 est périmé, je milite comme S.Royal pour le RIC qu'elle avait accepté de défendre, tout comme Chirac et qui passe aux oubliettes...
Le RIC est un vrai machin adopté par les Suisses, c'est le seul outil démocratique qui permet au Peuple d'être souverain et au dessus de ses Elus qui il est vrai pensent plus à leur stratégie de plan de carrière qu'à l'intérêt souverain du Peuple.
Nous le constatons avec les OGM, la chasse aux remèdes séculaires comme le purin d'ortie, la phito non remboursée et réduite... etc...
Le RIC, porté par le Candidat Yvan Bachaud qui bataille pour son acceptation et qu'aucun Candidat à la Présidentielle ne favorise au point de l'utiliser au sein de son propre parti pour inaugurer de plus de démocratie.
Le RIC, (Référendum d'initiative Citoyenne), pour ceux qui ne connaissaient pas...

Alons pus loin ue Ségo : pourquoi pas un tiers (voire la moitié) du Sénat composé de citoyens tirés au sort sur les listes électorales ? Ils contribueraient à faire basculer le vote parlementaire en cas d'absentéisme de nos chers sénateurs, donc à nuancer quelque peu le comportementde la chambre d'enregistrement qu'est devenu le Parlement issu du scrutin majoritaire. Ils pourraient empêcher certains projets de lois stupides et aveugles de passer la barre de l'adoption (le CPE par exemple) et dispenserait le gouvernement de s'entêter comme un gamin entêté histoire d'avoir le dernier mot sur la rue, même en cas d'erreur patente. Enfin, il ferait souffler un coup d'air frais sur les crânes dégarnis des notables de province qui s'endorment dans les confortabes fauteuils de l'auguste deuxième chambre.

Allons plus loin que Ségo : pourquoi pas un tiers (voire la moitié) du Sénat composé de citoyens tirés au sort sur les listes électorales ? Ils contribueraient à faire basculer le vote parlementaire en cas d'absentéisme de nos chers sénateurs, donc à nuancer quelque peu le comportementde la chambre d'enregistrement qu'est devenu le Parlement issu du scrutin majoritaire. Ils pourraient empêcher certains projets de lois stupides et aveugles de passer la barre de l'adoption (le CPE par exemple) et dispenserait le gouvernement de s'entêter comme un gamin entêté histoire d'avoir le dernier mot sur la rue, même en cas d'erreur patente. Enfin, il ferait souffler un coup d'air frais sur les crânes dégarnis des notables de province qui s'endorment dans les confortabes fauteuils de l'auguste deuxième chambre.

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