Ségolène Royal: l'investiture et maintenant ?
Jan | vendredi 17 novembre 2006 | Ségolène Royal | #96 | rss
Ségolène Royal a été investie candidate socialiste à la présidentielle par 60,65% des militants du PS. Une large victoire qui ne doit pas faire oublier que le plus dur reste à faire: rassembler la gauche pour gagner.
Le score est sans appel et la victoire de Ségolène Royal ne souffre aucune contestation. 60,65% de militants l'ont choisie, contre 20,83% pour Dominique Strauss-Kahn et 18,54% pour Laurent Fabius. C'est donc à juste titre que François Hollande a salué sa victoire "claire, transparente, ample".
Rassemblement
Mais quand le premier secrétaire du PS déclare que "ce sont tous les socialistes qui ont gagné", ne s'agit-il pas d'un voeu pieux plutôt que d'une réalité? La primaire a-t'elle vraiment été "exemplaire" et "digne" comme le juge François Hollande? Peut-on se traiter de "démagogue", de "populiste", de "machiste" ou accuser la direction de son parti de "partialité" puis se réconcilier entre camarades comme si de rien n'était?
Même si DSK et Fabius souhaitent aujourd'hui bonne chance à Ségolène Royal et appellent le parti à l'unité, la bataille sans merci qu'ils se sont livrés dans cette primaire et les coups-bas échangés laisseront des traces chez bon nombre de militants socialistes.
Il y a fort à parier que des soutiens, et même des voix au premier tour de l'élection, feront défaut à Ségolène Royal au sein même de son parti. Il se dit même que Lionel Jospin se tiendrait en embuscade, attendant que la campagne de Ségolène dérape pour ressortir sa panoplie de Zorro.
Mission impossible ?
Pourtant ces petits périls qui planent sur le rassemblement socialo-socialiste ne sont qu'anecdotiques en regard du challenge que devra relever Ségolène Royal pour devenir présidente de la république. C'est l'ensemble de la gauche qu'elle devra rassembler au deuxième tour pour espérer gagner.
Ségolène Royal, incarnation du blairisme, de la droite du PS, voire même sur certains sujets d'un sarkozysme (à peine) de gauche, ne semble pas aujourd'hui en mesure de rallier les suffrages de la gauche anti-libérale. Il sera intéressant d'observer comment elle s'y prend pour tenter d'y parvenir dans les 5 mois qui viennent.
A moins que sa stratégie ne soit ailleurs. Du côté de François Bayrou...
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