Si c'est votre première approche, vous lisez quelque livre ou fréquentez quelque forum. Et là première mauvaise surprise : tout votre site est à refaire. Contrairement à toute logique, le référencement d'un site ne se fait pas après le site lui-même mais dès le départ, au moment-même de sa conception. Vous apprenez que vos belles animations flash seront ignorées des bots. Que vos fonctions javascript seront à doubler de contenu en html. Que vos urls contenant des paramètres seront à re-écrire, ou plutôt "rewriter" comme on dit dans le jargon, car dans le monde du référencement on adore parler anglais, et on croise les doigts pour que votre hébergeur le permette. Et si - cerise sur le gâteau - vous utilisez les frames, ben allez vous coucher car demain vous allez avoir du travail !

Deux mois plus tard, vous revenez avec votre site refait à neuf. Cette fois-ci rien ne pourra vous arrêter. Pas même un navigateur qui, pour une raison farfelue et inconnue de tous, aurait désactivé le javascript, empêché les cookies, bloqué les images, installé aucun plugin et ne supportant pas les frames ! Votre site vous plaît moins, il était plus joli avant, mais au moins il apaisera l'appetit de Google et sa clique.

L'une des premières choses qu'on vous apprend alors, c'est qu'il faut obtenir des liens. Car les moteurs classent les sites en fonction de leur popularité, et cette dernière est calculée en fonction de la quantité et de la qualité des liens qui pointent vers un site. "Facile ! je vais l'inscrire dans les annuaires, j'ai même trouvé un logiciel qui va m'inscrire automatiquement dans 20 000 annuaires en un clic !" Mais non. Car un lien c'est bien joli, mais encore faut-il que celui-ci soit "suivable", c'est à dire sans redirection. Ce qui élimine d'un coup 95% des annuaires du net. Et encore, on ne parle pas du nouveau rel="nofollow" qui vient de sortir.

Alors vous vous lancez dans une campagne d'échanges de liens. Vous ne sélectionnez pas les sites sur leur qualité (on s'en fout de la qualité), mais sur leur PageRank, petite note sans queue ni tête affichée par la GoogleToolBar, qui paraît-il ne marche plus très bien mais qui continue d'exiter le peuple. Mieux : pour faciliter les choses, vous fabriquez un petit formulaire de proposition d'échanges de liens. Bien sûr vous exposez les règles : "pas de site pronographique". Sur votre site consacré à la couture, vous acceptez les sites traitant de pétanque, d'aviation ou de jeux en réseau, mais pas de pornographie, faut quand même pas déconner.

Au bout d'un moment, votre page partenaires est trop remplie. Et puis certains webmasters vous font remarquer que vu le super lien qu'ils vous proposent, vous pourriez les linker ailleurs... en page d'acceuil par exemple, voire sur toutes vos pages. Alors vous acceptez, mais pour faire les choses proprement et pas gâcher votre charte graphique, vous faites de tout petit liens en bas de page, en gris clair sur fond gris foncé. Pas blanc sur blanc, car on vous a dit que Google faisait les gros yeux aux vilains spammeurs qui cachent leurs liens. Courage ! Fuyons ! Bon... vous choisissez une petite nuance de gris. Il vous reste également la possiblité de spammer les livres d'or et les forums, mais heureusement tout ne monde ne s'abaisse pas à cette pratique...

Maintenant il n'y a plus qu'à attendre. Mais ça ne vient pas. Les moteurs ne vous amènent personne. Vous allez pleurnicher sur quelque forum, où tous les membres sont habitués aux petits nouveaux qui viennent raconter leurs malheurs : "je comprends pas j'ai fait plein d'échanges de liens, mon site est super, mais google ne le référence pas :( Croyez-vous que Google va venir ? Croyez-vous que je suis dans la sandbox ? Que mon site a été blacklisté ? Que je vais mourir demain ?"

Un peu de patience... et ça vient. Un beau jour, les requêtes tombent et les visiteurs commencent à venir de chez Google, Msn Yahoo et les autres. Peu à peu ça augmente et vous jubilez. Et vous vous la pétez partout : "Bah 5000 visiteurs hier... Bah pr6...". Et c'est vous qui désormais marchandez vos liens.

Votre site ne ressemble pas du tout à l'idée que vous en aviez au départ. Vous avez renoncé à beaucoup de choses qui vous plaisaient et matraquez des liens partout sur vos pages. Mais votre site est indexé. Alors aujourd'hui nous le disons haut et fort : "Google ta gueule !" Ce n'est pas aux webmasters de s'adapter aux moteurs de recherche, c'est aux moteurs de s'adapter au net !